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Guy Versailles, PRP, ARP, FSCRP

L’auteur est consultant en relations publiques, avec une expérience particulière en planification stratégique, gestion de crise et relations médias. Il a publié en 2019 Le temps des relations publiques, un essai traitant de professionnalisme et d’éthique en relations publiques.

 

Les relationnistes au service des organisations de santé, des organismes gouvernementaux, mais aussi d’un nombre croissant d’entreprises et d’organisations de toutes natures seront appelés dans les mois et les années à venir à travailler dans des situations à très fort potentiel d’affrontement, où l’objectif désiré sera un changement de comportement. 

L’exemple le plus récent est celui offert par la pandémie de COVID-19 où il est devenu vital pour la population d’apprendre très rapidement la distanciation sociale et l’importance de bien se laver les mains, de tousser dans son coude et de porter un masque dans les espaces publics intérieurs. Le contexte de peur généralisée de contracter une maladie nouvelle, inconnue et potentiellement mortelle, a facilité l’adoption de ces comportements.

Toutefois, la peur se dissipe rapidement et la suite sera plus difficile, comme l’indique la controverse actuelle entourant le port du masque et l’apparition ici d’un phénomène beaucoup plus marqué aux États-Unis : le rejet de toute contrainte, au nom de «la liberté». 

Lorsqu’un vaccin sera disponible, le débat sur la vaccination sera aussi émotif que celui sur le port du voile islamique, mais beaucoup plus intense et probablement aussi virulent que le virus lui-même. Car la vaccination, pour être efficace, doit couvrir un pourcentage élevé de la population et si une proportion significative le refuse, le risque augmente pour toute la population.

Pour imager : si ma voisine choisie de porter le voile, cela peut me heurter, mais cela ne met pas en cause ma santé. Mais si elle refuse la vaccination, je me sentirai à risque. Alors que j’aurais enduré le fait qu’elle porte le voile dans un silence désapprobateur, j’aurai tendance à lui «mettre de la pression» pour qu’elle se fasse vacciner. Évidemment, l’intensité du débat sera directement proportionnelle au taux de couverture vaccinale requis pour protéger la population, encore inconnu au moment où ces lignes sont écrites

Comment gérer pareille situation? Voilà un domaine où l’on attend des relationnistes un éclairage professionnel. 

Juillet 2020